UMR EFTS
Education, Formation, Travail, Savoirs  MA122

le 14 juin 2018
14h

Didactique clinique de l'écriture de fiction en lycée professionnel : division du sujet et conversion didactique dans l'apprentissage

Madame Sandra CADIOU

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés

Didactique clinique de l'écriture de fiction en lycée professionnel : division du sujet et conversion didactique dans l'apprentissage

dirigés par Madame Marie-France CARNUS et Monsieur Michel GRANDATY


Composition du jury
M. Michel GRANDATY   Université Toulouse - Jean Jaurès   CoDirecteur de these
Mme Isabelle DELCAMBRE   Université Charles-de-Gaulle - Lille 3   Rapporteur
M. Jean-Luc RINAUDO   Université de Rouen-Normandie   Rapporteur
Mme Emmanuelle BROSSAIS   Université Toulouse Jean Jaurès   Examinateur
M. Pablo BUZNIC-BOURGEACQ   Université de Caen-Normandie   Examinateur
Mme Marie-France CARNUS   Université Toulouse Jean-Jaurès   Directeur de these


Mots-clés : didactique de l'écrit,didactique clinique,apprentissage,division du sujet,écriture de la fiction,conversion didactique

Résumé : 

On reconnait aisément dans l’écriture un investissement personnel de l’élève. C’est avec le cadre de la Didactique Clinique (Carnus, Terrisse, 2013) que j’ai souhaité vérifier s’il y a bien un investissement psychique dans l’apprentissage de l’écriture de la fiction en lycée professionnel. Ce cadre théorique repose sur l’hypothèse de l’inconscient freudien, pour suivre les enjeux de savoir. Pris dans le didactique, le sujet est pensé comme singulier, assujetti et notamment divisé. En effet la division du sujet, fruit de l’entrée dans le langage, serait précisément ce qui ferait moteur dans cette écriture et donc son apprentissage. Ainsi je me demande s’il y a un investissement de nature psychique en lien avec la division du sujet dans l’apprentissage de l’écriture de fiction, et si oui, comment il s’articule avec le savoir-écrire, autrement dit en quoi il y aurait aussi une conversion didactique chez le sujet-élève, comme il y en a chez le sujet-enseignant (Buznic-Bourgeacq, 2005). Pour aborder ces questions, j’utilise la méthodologie en trois temps de la Didactique Clinique qui permet d’élaborer une pensée par cas : primo, un déjà-là, comme une instance influente et latente, issue de l’histoire singulière du sujet, deuxio une épreuve, soit la rencontre avec le savoir-écrire en classe, et tertio un après-coup, soit un an plus tard, qui revient sur cet apprentissage avec tous les remaniements que cette durée implique. Mon dispositif d’observation se situe en lycée professionnel dans une classe de français lors d’une séquence « écrire une nouvelle à chute ». J’observe quatre élèves : Soleil, Nicolas, Blow et Luc en situation d’écriture. On cherche avant tout à repérer les mécanismes inconscients à l’œuvre lors de l’épreuve chez le sujet élève, même si on aborde les effets psychiques des paramètres extérieurs au sujet élève : l’institutionnalisation du savoir, la situation d’enseignement. Les résultats sont présentés de façon diachronique, mais aussi synchronique et les rapprochements des cas tendent à montrer qu’il y un investissement psychique en lien avec la division du sujet. On peut alors parler de conversion didactique chez le sujet élève dans le sens où il investit des éléments de nature psychique dans sa configuration de savoir : la production du texte et l’élaboration des savoirs notionnels en jeu dans l’écriture de la nouvelle. Dans l’axe de la réflexion freudienne sur le fantasme en littérature, je propose une modélisation du savoir-écrire en relation avec le discours hystérique de Lacan. Celui-ci fait des liens entre division, manque à être et savoir. En y reliant la conversion didactique et le contexte scolaire, on peut y voir que la nouvelle est une mise en scène littéraire du fantasme reliant le savoir inconscient à l’objet(a). L’écriture serait donc un lieu où se comblerait de façon illusoire le manque à être issu de la division. L’intérêt de cette articulation entre conversion didactique et discours de l’hystérique, c’est de donner à voir que cette écriture se ferait sur le savoir inconscient soit sur la vérité du sujet, et que en tant que production de savoir, elle aurait également un lien avec la construction du savoir-écrire et des savoirs notionnels liés à la nouvelle. En effet, au-delà de l’illusoire, il y aurait aussi des conséquences réelles du travail psychique issu de cette écriture : l’écriture de la nouvelle à chute serait un discours de l’hystérique qui produirait un savoir écrire et un savoir intime, issu de l’inconscient. Le savoir intime serait un savoir conscient ou pas, issu du travail psychique de l’écriture qui porterait sur la stratégie à adopter dans la jouissance face la position de l’inconscient.
Lieu(x) :
ESPE Toulouse - Saint Agne
salle Diderot

 

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