UMR EFTS
Education, Formation, Travail, Savoirs  MA122

le 14 novembre 2016
13h

Circulation de savoirs pluriels et émancipation des acteurs sociaux. Le cas d'un observatoire "vivre sa jeunesse" dans une recherche-intervention

Soutenance de thèse de Marie-Madeleine Gurnade
sous la direction de Jean-François Marcel et Dominique Broussal

Membres du jury :

M. Jean-François Marcel, Professeur des Universités, Université Toulouse Jean Jaurès
M. Dominique Broussal, Maître de Conférences, Université Toulouse Jean Jaurès
Mme Anne Barrère, Professeure des Universités, Université Paris Descartes, Rapporteur
M. Gilles Monceau, Professeur des Universités, Université de Cergy-Pontoise, Rapporteur
Mme Véronique Bordes, Professeure des Universités, Université Toulouse Jean Jaurès
Mme Cécile Gardiès, Professeure de l’Enseignement Supérieur Agricole, ENSFEA, Université de Toulouse
Mme Lucie Mottier Lopez, Professeure associée, Université de Genève
M. Patrick Rayou, Professeur des Universités Emérite, Université Paris 8 Saint-Denis

Résumé :

Cette thèse se situe au croisement des réflexions épistémologiques, heuristiques et praxéologiques que soulève la prise en charge des demandes sociales en éducation. Elle est issue d’une recherche commanditée par une collectivité territoriale qui est contractualisée par une Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE). Elle s’inscrit dans une recherche-intervention de type accompagnement de la décision politique dans laquelle un observatoire « vivre sa jeunesse » est co-élaboré. Ce dispositif collaboratif, positionné comme tiers-espace socio-scientifique entre le monde scientifique et le monde social provoque deux types de rencontres, d’un côté des chercheurs et des acteurs sociaux et de l’autre, des décideurs politiques et des jeunes citoyens. Ces catégories d’acteurs hétérogènes sont amenés à échanger, à travailler ensemble et à formuler leurs propres connaissances et savoirs lors de différents temps d’interaction. Ainsi, cette thèse étudie le processus de circulation des savoirs pluriels en jeu dans une recherche-intervention au travers de ses dynamiques épistémiques d’ordre à la fois socio-cognitif et socio-politique. Le postulat de départ repose sur la remise en question de la dichotomie classique entre les savoirs savants et les savoirs profanes. Le cadre théorique s’est construit sur l’articulation de trois composantes théoriques que sont la sociologie de la traduction, la spirale de connaissances et la notion d’émancipation. S’attachant à décrire et comprendre les sujets et les phénomènes sociaux dans leur contexte, une recherche qualitative s’ancrant dans le paradigme interprétatif et une approche interactionniste est menée. Deux dispositifs d’enquête sont mobilisés auprès des jeunes du territoire ainsi que de quatre élus locaux et de quatre jeunes enrôlés dans l’observatoire. L’exploitation des éléments empiriques collectés s’est effectuée à partir d’une analyse catégorielle thématique, une analyse du discours et une analyse des interactions dans le discours. Les résultats de ce travail montrent une forme interactive et itérative de co-construction de connaissances et de savoirs qui est rendue possible par leur explicitation, leur partage, leur interaction continue et leur formalisation progressive. Ils révèlent aussi des freins et des leviers à la co-production de savoirs pluri-épistémologiques, c’est-à-dire qui disposent d’une légitimité différente des formes traditionnelles de production de savoirs en comportant à la fois une validité scientifique et sociale. La dimension émancipatrice d’un tel processus cognitif pour les contributeurs enrôlés est également mise en exergue et plus spécifiquement le développement du pouvoir d’agir des jeunes et la légitimation de leur droit à la Cité.

Mots clés : émancipation, jeunes, observatoire, recherche-intervention, savoirs


Lieu(x) :
salle D29, MDR

 

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