• Manifestations scientifiques,

Soutenance de thèse de Simon Isserte

Publié le 22 novembre 2022 Mis à jour le 22 novembre 2022
le 2 décembre 2022
14h00
Université Paul Sabatier
Faculté des Sciences du Sport et du Mouvement Humain
543 Cours Rosalind Franklin
31400 TOULOUSE
Amphi STAPS
soutenance
soutenance

Étude d'un dispositif de formation d'entraîneurs à des usages de technologies numériques au service de l'apprentissage d'actions collectives par les joueurs

Thèse pour obtenir le grade de :

docteur de l'université en sciences de l'éducation et de la formation

Titre de la thèse :
Étude d'un dispositif de formation d'entraîneurs à des usages de technologies numériques au service de l'apprentissage d'actions collectives par les joueurs

de

Simon ISSERTE

Présentée et soutenue publiquement

Le Vendredi 2 décembre 2022 à 14h

Thèse dirigée par :
Sébastien CHALIES et Cyrille GAUDIN

Jury
Mme Géraldine RIX-LIEVRE, Université de Clermont Auvergne, Rapporteure
M. Guillaume ESCALIE, Université de Bordeaux, Rapporteur
M. Gilles KERMARREC, Université de Bretagne Occidentale, Examinateur
Mme Sylvie MOUSSAY, Université de Clermont Auvergne, Examinatrice
M. Sébastien CHALIÈS, Université de Montpellier, Co-directeur de thèse
M. Cyrille GAUDIN, Université de Limoges, Co-directeur de thèse

Résumé :
En sciences du sport, l’analyse de la littérature portant sur la performance collective met en exergue les difficultés à en appréhender pleinement la complexité. Si les technologies numériques semblent heuristiques pour saisir et répondre à cette complexité, leurs usages nécessitent l’engagement de nouveaux travaux. Dans le prolongement, la formation des entraîneurs à ces usages singuliers des technologies numériques apparait aussi comme un domaine à investiguer plus précisément. C’est au carrefour de ces trois objets relevant de la performance collective, de la formation des entraîneurs et des usages de technologies numériques que se situe l’objet d’étude de la thèse. Le cadre théorique adopté est issu d’hybridations successives afin d’appréhender progressivement et de manière articulée ces trois objets. L’emprunt à la philosophie de l’action (Livet & Nef, 2009) justifie la conceptualisation d’une action collective à partir de quatre caractéristiques : intersubjectivité, substituabilité, virtualité, adaptabilité. En complément, l’appui sur certains postulats empruntés à l’anthropologie culturaliste (Chaliès, 2012) permet de définir des activités de formation sources de l’apprentissage d’actions collectives par les joueurs. Enfin, une approche théorique des objets techniques permet d’envisager le développement de technologies dites « cognitives » (Steiner, 2010).
À partir de ce cadre théorique singulier, l’hypothèse suivante a été formalisée et placée au coeur de l’étude : former des entraîneurs à des usages intentionnés de technologies cognitives, compte tenu de la nature de leurs activités d’entrainement, permettrait de favoriser l’apprentissage d’actions collectives par les joueurs. Pour tester le caractère heuristique de cette hypothèse, un dispositif « transformatif » a été mis en oeuvre auprès de quatre entraîneurs novices volontaires engagés dans le Brevet d’Entraîneur de Football. Lors d’une première phase, ils ont été formés à formaliser, enseigner, accompagner et
évaluer certaines actions collectives à l’aide d’usages singuliers de technologies numériques. Dans une seconde phase, ils ont réalisé ces activités dans leur propre contexte d’entraînement. À partir des enregistrements audio-vidéo de ces deux phases, des entretiens d’autoconfrontation (avec les entraîneurs, le formateur et le tuteur) et des entretiens de remise en situation (avec les joueurs) ont été réalisés. Les données recueillies ont finalement été traitées selon une procédure qualitative (Chaliès & Bertone, 2021).
Les principaux résultats mettent en évidence (i) l’impact des apports et des activités engagées en formation sur la nature des activités réellement déployées par les entraîneurs à l’aide des technologies numériques en contexte d’entrainement et (ii) que ces activités d’entraînement permettent in fine l’apprentissage d’actions collectives par les joueurs. Plus spécifiquement, les technologies numériques (e.g., animation vidéo 3D, vidéo en léger-différé) soutiennent, enrichissent, voire rendent capacitantes, les activités des entraîneurs en leur permettant d’appréhender la complexité des actions collectives – objets d’entrainement. Parallèlement, les résultats mettent en exergue que les entraîneurs ne s’engagent pas ou détournent parfois les activités attendues. Ils ont alors pour intention de les contextualiser et les rendre compatibles avec leur environnement professionnel et, plus largement, avec la culture fédérale. La discussion travaille, tant empiriquement que théoriquement, les conditions de formation propices au développement d’usages variés et articulés de technologies numériques par les entraîneurs au service de l’apprentissage d’actions collectives par les joueurs. Sur cette base, elle dresse des perspectives « technologiques » en matière de recherche dite « transformative » dans le champ de l’intervention en sport. En conclusion, une ouverture sur la potentielle utilité de ce travail face aux enjeux sociétaux de demain est proposée.