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Journée d'étude sur le doctorat
Publié le 5 juin 2026 – Mis à jour le 5 juin 2026
le 19 novembre 2026 En visioconférence
Depuis quelques années, les travaux concernant les pratiques des enseignants-chercheurs se multiplient (Lameul et Monceau, 2025). Sans grande surprise, le parcours des doctorant·es y occupe une place importante. Cet engouement se focalise particulièrement sur les épreuves qu’iels traversent. À titre d’exemple, nous pouvons citer : l’appel à contribution de 2024 d’un numéro thématique de la revue OSP « Construction identitaire professionnelle des doctorant·es et vulnérabilité » ou l’ouvrage plus alarmant hors des murs universitaires d’Adèle B. Combes (2022) au titre explicite : Comment l’université broie les jeunes chercheurs, précarité, harcèlement, loi du silence.
Par ailleurs, les doctorant·es s’organisent à différentes échelles et se retrouvent sur des espaces numériques tels que des canaux Discord, des groupes Facebook comme le Neurchi de doctorant·e·s désœuvré·e·s ou son homologue Instagram : doctorant_desoeuvre_surcafeine. Ces deux réseaux construisent leur communauté autour du partage d’images détournées avec un texte : les mèmes (Wagener, 2022). Dans d’autres cas analogues, iels produisent des bandes dessinées pour témoigner de leur parcours comme dans la revue L’imposteur – ça avance cette thèse ?
Le doctorat peut être considéré comme un rite de passage (Gérard, 2014) avec différents modes de socialisation et plusieurs trajectoires (Serre, 2015), le projet ConCoRD SHS renforce cet axe. D’autres s’intéressent aux encadrants (Houssay-Holzschuch & al., 2022) ou abordent le doctorat sous la forme de conseils (Marcel & Broussal, 2020). Par conséquent, le doctorat constitue un espace (trans)formatif (Meziani, Canet & Bock, 2021) où les candidats se forment à la recherche tout en se transformant en tant que personne (Bock, Coste & Figueira, en cours). Ces transformations sont également institutionnelles, l’espace du doctorat subissant lui-même des réformes : la masterisation, l’instauration de crédits ECTS, des formations obligatoires, la création de comités de suivi individuels ou encore une normalisation de la durée de la thèse à trois ans.
Marie-Hélène Jacques (2020) identifie, de manière générale, trois phases dans les formations : (1) préliminaire, (2) liminaire et (3) post-liminaire. Elles s’appliqueraient aux diplômes de troisième cycle de la manière suivante : (1) la période avant d’entrer en formation construit les dispositions à accéder au doctorat, amenant donc à (2) la phase du temps de la (trans)formation pour arriver à (3) l’après formation (et aux éventuels débouchés professionnels). La détermination sociale voudrait que l’individu soit le produit d’une histoire (Bourdieu, 1979) dont il cherche à devenir le sujet (Bonetti & de Gaulejac, 1988). Ainsi, pour les doctorant·es, leurs capitaux occupent une place déterminante dans leur socialisation universitaire (Rttt collectif, 2022) ce qui interroge les rites, normes et souhaits dans la communauté française des doctorant·es (Bock et Huez, travail en cours). L’ensemble de ces analyses amène à interroger le doctorat à partir de trois pistes :
- De nombreuses transformations institutionnelles traversent le doctorat comme la réduction du temps de la thèse, la mastérisation (avec des crédits ECTS et un parcours de plus en plus contraint avec des formations obligatoires) ou encore la création des comités de suivi individuels. Cette piste propose donc l’analyse de ces transformations.
- Les conditions de réalisation du doctorat mettent souvent les candidats à l’épreuve. Qu’elles soient de l’ordre des violences sexistes et sexuelles, racismes, validismes, classismes, violences symboliques ou encore du mandarinat. Face à elles, quelles résistances les doctorant·es construisent-iels ? Arrivent-iels à lutter collectivement en s’autoorganisant ? Sombrent-iels dans la solitude ?
- Le doctorat conduit indéniablement à une phase post-liminale, qu’elle soit sanctionnée par le diplôme ou non. Cette piste interroge donc la professionnalisation à travers les savoirs et savoir-faire développés durant le parcours ainsi que la manière dont ils sont remobilisés à l’issue de la formation. Cette piste porte une attention particulière aux candidats qui arrêtent leur thèse avant la soutenance.
Cette journée d’étude vise dans un premier temps à faire un état de la recherche sur le doctorat toutes disciplines confondues (a minima en France, même si des travaux internationaux sont les bienvenus). Dans un deuxième temps, la journée d’étude vise à fédérer les chercheur·ses travaillant sur cet objet afin de créer un réseau de recherche sur le doctorat. Dans un troisième temps, à l’issue de la journée d’étude, les communications demanderont un retravail en vue d’une publication d’article dans un numéro thématique.
Programme (provisioire) :
9 h – 9 h 15 : Cyrille BOCK et Julitte HUEZ – Mot d’accueil et lancement de la journée d’étude
9 h 15 – 10 h 15 : Laurent GUTIERREZ – Regard rétrospectif sur les premières thèses en sciences de l’éducation en France (années 1970)
10 h 15 – 11 h 45 : Table ronde Cyrille BOCK, Clarissa FIGUEIRA et Julien BERTHAUD, Alexandre BRAN, Jean-François GIRET – Analyse longitudinale du doctorat, regard croisé de deux recherches en cours (ETDL et PhDEXP)
11 h 45 – 12 h 45 : Nicolas HERVÉ, Julitte HUEZ et Cyrille BOCK – Le doctorat en 2050, quels scénarios du futur ?
12 h 45 – 14 h 15 : Pause
14 h 15 – 15 h 15 : Pierre BATAILLE – Déplier la précarité doctorale : retour sur une enquête à l'Université Grenoble Alpes
15 h 15 – 16 h 15 : Héloïse SAMIE, Florence VIGNERON et Cyrille BOCK – Dessiner l'expérience doctorale, analyse des bédéistes de la revue L'imposteur – ça avance cette thèse ?
16 h 15 – 17 h 15 : Gilles MONCEAU – L’encadrement doctoral à partir du travail sur les conditions d’exercice des enseignants-chercheurs, retour sur une expérience d’encadrant
17 h 15 – 17 h 30 : Mot de clôture de la journée d’étude