• Manifestations scientifiques,

Soutenance de thèse d'Igor POTAPOFF

Publié le 17 septembre 2026 Mis à jour le 17 septembre 2026
le 5 octobre 2026
14h00
Université Toulouse Jean Jaurès
Maison de la recherche
soutenance IP
soutenance IP

Analyse des représentations sociales et des images du futur d’élèves ingénieurs sur la transition énergétique

Thèse pour obtenir le grade de :

docteur de l'université en Sciences de l'éducation et de la formation



Titre de la thèse :
Analyse des représentations sociales et des images du futur d’élèves ingénieurs sur la transition énergétique

de

Igor POTAPOFF

Présentée et soutenue publiquement

Lundi 5 octobre 2026 à 14h00
Université Toulouse 2 Jean Jaurès
5 allée Antonio Machado
31058 TOULOUSE cedex
Maison de la recherche, salle D29

Thèse dirigée par :
 
Jury :
 
Mme Angela BARTHES, Professeure des universités, Aix-Marseille Université, Rapporteure
M. Damien GRENIER, Professeur des universités, École normale supérieure de Rennes, Rapporteur
Mme Céline BERRIER-LUCAS, Professeure associée, ISG, Examinatrice
Mme Hélène Hagège, Professeure des universités, Université de Limoges, Examinatrice
M. Lionel Pélissier, Maître de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès, Examinateur
M. Nicolas HERVÉ, Professeur des universités, ENSFEA, Direction de thèse
Mme Béatrice JALENQUES-VIGOUROUX, Maîtresse de conférences, INSA, Examinatrice

Résumé :
 
Cette recherche s'inscrit dans le champ des sciences de l'éducation et de la formation. Elle examine le rôle que peut jouer ce dernier dans la préparation des individus aux défis de la transition énergétique dans un contexte marqué par le dérèglement climatique. Considérant que la transition énergétique constitue un enjeu à la fois technique, social, culturel et politique, cette thèse interroge les conditions par lesquelles des étudiants en quatrième année à l’Institut National des Sciences Appliquée (INSA) de Toulouse sont capables de comprendre les transformations à venir, d'en anticiper les conséquences et de contribuer à la construction de futurs énergétiques souhaitables.

Le cadre théorique articule l'analyse historique et sociotechnique de la notion de transition énergétique ; la théorie des représentations sociales dans une approche structurale et le courant pédagogique de l'éducation au futur. Cette articulation permet d'examiner les relations entre savoirs scientifiques appropriés, imaginaires, valeurs et capacité de projection. La recherche vise à répondre à trois questions principales : caractériser les représentations sociales de la transition énergétique ; analyser l'apport de l'approche structurale pour l'étude de cet objet et enfin comprendre comment savoirs techniques, représentations sociales et images du futur participent à la construction des imaginaires énergétiques.

La recherche repose sur une méthodologie mixte mise en œuvre auprès d'un échantillon d’élèves ingénieurs, inscrits dans une unité d'enseignement consacrée à la prospective. Le dispositif combine un questionnaire d'associations spontanées multiscalaire au travers duquel plusieurs échelles de la transition énergétique sont mobilisées (individuelle, local, nationale, internationale ; N=232) ; un questionnaire « matriciel » prospectif fondé sur des scénarios énergétiques (N=229) couplé à l’analyse lexicale d’une question ouverte (N=209) ; un questionnaire de caractérisation (N=176) et plusieurs entretiens entretiens semi-dirigés (N=6). Cette démarche permet de croiser des traitements quantitatifs et qualitatifs afin d'identifier l’architecture des représentations sociales qui organisent les discours des participants.

Les résultats montrent l'existence d'une représentation sociale de la transition énergétique structurée autour de la reconnaissance de l’urgence climatique ; la légitimité des énergies renouvelables ; le maintien d’un rôle stratégique du nucléaire ; l’importance de la sobriété énergétique comme levier technique au détriment d’une posture énergétique comportementale sobre ; la nécessité d’une régulation partielle des usages et une attention portée aux enjeux d’équité énergétique. Ce socle commun est traversé par plusieurs tensions majeures qui oscillent entre centralisation nationale et territorialisation énergétique ; abondance technologique et sobriété ; liberté individuelle et régulation collective ; pragmatisme technique et transformation sociale ; confiance dans les instances de représentations locales et défiance politique. Ces résultats révèlent une pensée systémique de la transition énergétique, mais encore largement dépolitisée.

La thèse montre enfin que l'éducation au futur constitue un levier pertinent pour enrichir les imaginaires, développer les capacités prospectives et favoriser une réflexion critique sur les futurs énergétiques. Elle souligne l'intérêt d'intégrer davantage les dimensions politiques, sociales et démocratiques de la transition dans la formation des ingénieurs afin de renforcer leur aptitude à concevoir des trajectoires énergétiques à la fois plurielles, soutenables, et débattues collectivement.
 
Mots clés : Représentation sociale, Transition énergetique, Éducation au futur, Prospective, Images du futur, Ingénieur