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Soutenance de thèse de Marie-Noëlle COLCY

Publié le 8 septembre 2026 Mis à jour le 8 septembre 2026
le 29 septembre 2026
14h00
Université Toulouse Jean Jaurès
Maison de la recherche
MNC
MNC

Expériences de vie et construction des savoirs expérientiels en contexte de précarité : Parcours de rue, parcours de psychiatrie et reconnaissance du travail pair

Thèse pour obtenir le grade de :

docteure de l'université en Sciences de l'éducation et de la formation



Titre de la thèse :
Expériences de vie et construction des savoirs expérientiels en contexte de précarité : Parcours de rue, parcours de psychiatrie et reconnaissance du travail pair

de

Marie-Noëlle COLCY

Présentée et soutenue publiquement

Mardi 29 septembre 2026 à 14h00
Université Toulouse 2 Jean Jaurès
5 allée Antonio Machado
31058 TOULOUSE cedex
Maison de la recherche, salle D29

Thèse dirigée par :
 
Jury :
 
M. Séraphin ALAVA, Université Toulouse - Jean Jaurès, Directeur de thèse
M. Dominique BROUSSAL, Université Toulouse - Jean Jaurès, Examinateur
Mme Emmanuelle JOUET, Université Paris Nanterre, Examinatrice
Mme Corinne ROUGERIE, Université de Tours, Rapporteure
Mme Maryse BRESSON, Université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines, Rapporteure

Résumé :
 
Cette thèse en sciences de l’éducation et de la formation est issue de plus de quinze années de pratiques de co-formation menées dans le champ du travail social avec des personnes ayant connu la grande précarité, la rue ou des parcours de psychiatrie. Elle part d’une interrogation centrale : que construisent ces personnes à partir de leurs expériences de vie et dans quelles conditions celles-ci peuvent-elles devenir des savoirs reconnus, transmissibles et mobilisables dans l’accompagnement, la formation ou l’action collective ?
La recherche s’inscrit dans un contexte marqué par l’augmentation des situations de précarité, les transformations du travail social et le développement du travail pair. Alors que les personnes concernées sont souvent définies à partir de leurs manques ou de leur vulnérabilité, cette thèse s’intéresse aux ressources, aux capacités d’analyse, aux pratiques de solidarité et aux savoirs élaborés à partir des expériences de vie. Elle cherche à comprendre comment des personnes historiquement disqualifiées socialement transforment leurs expériences en savoirs d’expérience puis, dans certains cas, en savoirs expérientiels.
La méthodologie repose sur une démarche qualitative, participative et collaborative. Le corpus comprend quinze personnes, dont dix ayant connu un parcours de rue et cinq un parcours de psychiatrie. Les données ont été recueillies à partir d’entretiens individuels et collectifs. L’analyse a été menée en deux temps : une phase de compréhension des trajectoires et une phase de systématisation à partir d’une grille de quatre repères d’expérience. Cette grille a été construite à partir des perceptions et des définitions produites par les participants eux-mêmes. Elle permet de distinguer des expériences principalement mobilisées pour comprendre et agir sur sa propre situation, relevant du savoir d’expérience, et des expériences davantage élaborées dans une perspective de transmission, relevant du savoir expérientiel.
Les résultats montrent que les savoirs issus de l’expérience ne se construisent ni de manière linéaire ni de façon automatique. Leur élaboration dépend des parcours, des rencontres, des engagements, des espaces collectifs et des possibilités de reconnaissance. Ils mettent en évidence que les personnes ayant développé des formes plus élaborées de savoirs expérientiels produisent plus fréquemment des récits réflexifs et analytiques articulant leur vécu à une compréhension plus large des mécanismes sociaux, institutionnels et relationnels. Les situations de transmission, de co-formation, de médiation et de travail pair apparaissent particulièrement favorables à ces processus.
La recherche montre également que les parcours de rue et de psychiatrie partagent des dynamiques comparables de transformation de l’expérience en savoir, mais que leurs possibilités de reconnaissance diffèrent. Les parcours de psychiatrie bénéficient davantage de cadres institutionnels stabilisés, tandis que les savoirs issus de la rue demeurent plus souvent informels, critiques ou militants. Enfin, les savoirs expérientiels se construisent rarement dans l’isolement. Les collectifs, les groupes de pairs et les espaces d’entraide jouent un rôle déterminant dans leur élaboration, leur transmission et leur légitimation.
Cette recherche contribue à la compréhension des processus de transformation des expériences de vie en savoirs d’expérience puis en savoirs expérientiels. Elle propose une grille de repères permettant de rendre visibles différentes formes d’élaboration des savoirs issus de l’expérience. Sur les plans professionnel et politique, elle ouvre des perspectives pour repenser la formation, la reconnaissance du travail pair et la place des personnes concernées dans la production des réponses sociales, sanitaires et éducatives.
 
Mots clés : Savoirs expérientiels, Personnes de la rue, Travail social, Travail pair, Co-formation, Développement du pouvoir d'agir